Les facteurs de risque d'hypoglycémie

Sources vérifiées Mis à jour : 27 septembre 2026 10 min de lecture

Un seul facteur de risque majeur suffit pour que tu sois à haut risque d'hypoglycémie. Le plus puissant de tous est un épisode d'hypoglycémie récent de niveau 2 ou 3.

trois questions
pour évaluer ton risque
à chaque consultation
la discussion sur ton risque
un facteur majeur
suffit pour un risque élevé

Quels sont les principaux facteurs de risque d'hypoglycémie ?

Ils se divisent en facteurs majeurs et secondaires. Les facteurs de risque majeurs d'hypoglycémie sont les suivants :

  • Un épisode de niveau 2 ou 3 au cours des 3–6 derniers mois.
  • Le traitement intensif par insuline.
  • La perte des signes d'alerte.
  • La maladie rénale chronique de stade 5 (insuffisance rénale).
  • Les troubles de la mémoire ou la démence.
  • Des antécédents de chirurgie métabolique.
  • L'absence d'accès régulier à la nourriture.
  • Des revenus faibles.
  • Un logement précaire.
  • L'absence d'assurance maladie.
  • Le jeûne pour des raisons religieuses ou culturelles.

Les facteurs de risque secondaires d'hypoglycémie sont les suivants :

  • Plusieurs épisodes récents de niveau 1.
  • Le traitement par insuline basale.
  • L'âge de 75 ans ou plus.
  • Le sexe féminin.
  • De grandes variations de la glycémie d'un jour à l'autre ou au cours d'une même journée.
  • Un grand nombre de médicaments (de tout type).
  • Les maladies cardiovasculaires.
  • La maladie rénale chronique de stade 1–4.
  • La neuropathie diabétique.
  • La rétinopathie diabétique.
  • La dépression majeure.
  • Les maladies psychiatriques sévères.
  • La vidange lente de l'estomac (gastroparésie).
  • Le traitement par bêtabloquants.
  • La difficulté à comprendre les informations médicales.
  • Les troubles liés à la consommation d'alcool ou d'autres substances.

Un seul facteur majeur suffit pour être considéré à haut risque d'hypoglycémie. Le même classement s'applique quand plusieurs facteurs secondaires s'additionnent, et la décision revient au médecin [1]. Le traitement intensif par insuline désigne les injections multiples quotidiennes, la pompe à insuline ou le système automatisé d'administration de l'insuline [1]. Dans le diabète de type 1, c'est le traitement recommandé pour la plupart des adultes [2]. Par conséquent, pratiquement tout adulte atteint de diabète de type 1 présente au moins un facteur majeur et se trouve à haut risque d'hypoglycémie.

Une hypoglycémie récente augmente-t-elle le risque d'une nouvelle hypoglycémie ?

Oui, et c'est le facteur de risque le plus puissant de tous. Les épisodes antérieurs, surtout ceux de niveau 2 ou 3, prédisent le mieux la survenue d'un autre [1]. La raison est double. La cause initiale de l'hypoglycémie persiste souvent, et chaque épisode abaisse encore le seuil d'alarme de l'organisme [3].

La conséquence pratique est qu'un épisode d'hypoglycémie ne doit pas être passé sous silence. Ce n'est pas de la malchance, mais une information. Son analyse avec le médecin, suivie d'un ajustement des doses, rompt la chaîne dans laquelle une hypoglycémie en entraîne une autre [1]. Sans ajustement du schéma de traitement, le même profil peut se répéter.

L'âge influence-t-il le risque d'hypoglycémie ?

Oui, aux deux extrêmes. Les jeunes enfants, surtout avant six ans, ne reconnaissent pas une hypoglycémie et ne peuvent pas la décrire. Ils dépendent donc entièrement des adultes et d'un capteur de glycémie [4]. L'âge de 75 ans et plus figure parmi les facteurs de risque secondaires. Toutefois, dans le diabète de type 1, les patients jeunes ont eux aussi un risque très élevé [1].

Chez les personnes âgées s'ajoutent plusieurs facteurs, comme les repas irréguliers, la fonction rénale en baisse, le grand nombre de médicaments et les troubles de la mémoire. Le lien va dans les deux sens, car les hypoglycémies répétées altèrent à leur tour la mémoire. C'est pourquoi les objectifs glycémiques sont assouplis avec l'âge [5].

La maladie rénale chronique augmente-t-elle le risque d'hypoglycémie ?

Oui. La maladie rénale chronique de stade 5 figure parmi les facteurs majeurs. La maladie rénale chronique avec un débit de filtration inférieur à 60 mL/min/1,73 m² ou avec une albuminurie (stades 1–4) figure parmi les facteurs secondaires [1]. Le rein élimine l'insuline du sang. Par conséquent, quand sa fonction baisse, l'insuline reste active plus longtemps dans l'organisme. Autrement dit, la même dose a un effet plus long et plus fort [6].

Le rein contribue aussi à fabriquer du glucose quand tu es à jeun, par exemple pendant la nuit [7]. Quand la fonction rénale baisse, cette contribution diminue aussi, et la glycémie se maintient plus difficilement [6]. C'est pourquoi les doses d'insuline doivent être réévaluées au fur et à mesure que la fonction rénale baisse.

Une grande variabilité glycémique augmente-t-elle le risque d'hypoglycémie ?

Oui. Une glycémie qui varie avec une grande amplitude atteindra plus souvent le seuil bas, même si la moyenne est très bonne [8]. Ainsi, deux patients ayant la même hémoglobine glyquée (HbA1c) peuvent avoir un risque d'hypoglycémie totalement différent, comme le montre la figure ci-dessous [9]. Une grande variabilité glycémique figure parmi les facteurs de risque secondaires [1].

Le capteur de glycémie la mesure par le coefficient de variation, et la cible est une valeur inférieure à 36 % [10]. Réduire les oscillations glycémiques diminue le nombre d'hypoglycémies sans augmenter la glycémie moyenne [11]. C'est pourquoi les rapports du capteur de glycémie se lisent avec l'HbA1c, parfois même avant elle, mais jamais à sa place.

Figure 1

Même moyenne, risque d'hypoglycémie différent

Glycémie sur 24 heures chez deux patients ayant la même moyenne de 150 mg/dL Deux courbes de glycémie sur 24 heures, avec la même moyenne de 150 mg/dL (8,3 mmol/L). La courbe stable reste entre 88 et 221 mg/dL et ne passe jamais sous 70 mg/dL. La courbe à grandes oscillations atteint 273 mg/dL et passe deux fois sous 70 mg/dL. Ses valeurs minimales sont de 56 mg/dL (3,1 mmol/L) vers le matin et de 58 mg/dL (3,2 mmol/L) le soir. 0 h 4 h 8 h 12 h 16 h 20 h 24 h Heure de la journée Glycémie (mg/dL) 40 70 100 150 200 250 hypoglycémie moyenne ● Stable ● Oscillations
Voir les valeurs sous forme de tableau
Glycémie toutes les deux heures, pour les deux profils
HeureGlycémie stableGlycémie à grandes oscillations
0123 mg/dL (6,8 mmol/L)153 mg/dL (8,5 mmol/L)
2102 mg/dL (5,7 mmol/L)86 mg/dL (4,8 mmol/L)
488 mg/dL (4,9 mmol/L)56 mg/dL (3,1 mmol/L)
6117 mg/dL (6,5 mmol/L)121 mg/dL (6,7 mmol/L)
8209 mg/dL (11,6 mmol/L)263 mg/dL (14,6 mmol/L)
10186 mg/dL (10,3 mmol/L)189 mg/dL (10,5 mmol/L)
12123 mg/dL (6,8 mmol/L)78 mg/dL (4,3 mmol/L)
14206 mg/dL (11,4 mmol/L)247 mg/dL (13,7 mmol/L)
16157 mg/dL (8,7 mmol/L)215 mg/dL (11,9 mmol/L)
18128 mg/dL (7,1 mmol/L)96 mg/dL (5,3 mmol/L)
20206 mg/dL (11,4 mmol/L)58 mg/dL (3,2 mmol/L)
22143 mg/dL (7,9 mmol/L)208 mg/dL (11,6 mmol/L)
24123 mg/dL (6,8 mmol/L)196 mg/dL (10,9 mmol/L)
Le profil est schématique, ce n'est pas une mesure réelle. Les deux courbes ont la même moyenne de 150 mg/dL (8,3 mmol/L), elles correspondraient donc à la même HbA1c (environ 6,9 %, soit 52 mmol/mol) [10]. La courbe à grandes oscillations a un coefficient de variation d'environ 45 %, au-dessus du seuil de 36 %. Elle passe environ trois heures sous 70 mg/dL (3,9 mmol/L) [8]. La courbe stable a un coefficient de variation d'environ 25 % et n'atteint jamais le seuil d'hypoglycémie [10].

Une HbA1c basse signifie-t-elle automatiquement plus d'hypoglycémies ?

Non, et c'est un changement important par rapport au passé [12]. Dans les essais cliniques classiques, un équilibre glycémique intensifié a effectivement augmenté le nombre d'hypoglycémies. Dans la pratique actuelle, en revanche, on décrit une relation en forme de J, c'est-à-dire que les valeurs basses comme les valeurs élevées d'HbA1c sont associées aux hypoglycémies [1].

Ce qui compte, c'est le chemin vers cette valeur. Une HbA1c basse obtenue par de grandes oscillations et des corrections répétées s'accompagnera inévitablement de nombreuses hypoglycémies. La même valeur obtenue avec une glycémie stable et peu de temps passé sous le seuil de 70 mg/dL (3,9 mmol/L) n'en entraîne pas. Retiens que le pourcentage de temps sous 70 mg/dL (3,9 mmol/L) montre le risque global d'hypoglycémie mieux que l'HbA1c [10].

Les médicaments pris pour d'autres maladies augmentent-ils le risque d'hypoglycémie ?

Certains, oui. Les bêtabloquants, utilisés pour le cœur et pour la tension artérielle, affaiblissent la partie adrénergique de l'alarme. Les tremblements et les palpitations diminuent donc, car le médicament bloque les récepteurs bêta-adrénergiques. La transpiration n'est pas touchée, car elle est commandée par l'acétylcholine, par une autre voie nerveuse. Le signal d'alarme s'appauvrit, mais ne disparaît pas [13].

Un grand nombre de médicaments pris en même temps est en soi un facteur de risque, inscrit séparément parmi les facteurs secondaires [1]. L'alcool augmente lui aussi le risque d'hypoglycémie [14]. Dis à ton médecin tout ce que tu prends, y compris les compléments et les médicaments sans ordonnance. Tu ne peux pas repérer seul les interactions d'un simple coup d'œil sur la liste.

La dépression et les troubles de la mémoire augmentent-ils le risque d'hypoglycémie ?

Oui. La dépression majeure et les maladies psychiatriques sévères figurent parmi les facteurs de risque secondaires, et les troubles de la mémoire et la démence parmi les facteurs majeurs [1]. La dépression et les maladies psychiatriques sévères sont associées à un risque plus élevé en raison des repas irréguliers, des doses oubliées ou prises deux fois et d'une motivation faible.

Les troubles de la mémoire ont un lien dans les deux sens. Ils augmentent le risque d'erreurs dans l'administration de l'insuline, et les hypoglycémies sévères répétées sont à leur tour associées à un déclin plus important des fonctions mentales [15]. C'est pourquoi une évaluation régulière de la mémoire est recommandée chez les patients âgés atteints de diabète [1].

Les femmes ont-elles un risque d'hypoglycémie plus élevé ?

Oui. Le sexe féminin figure parmi les facteurs de risque secondaires, sur la base de plusieurs études observationnelles. Le mécanisme n'est pas connu, et des recherches supplémentaires dans cette direction sont nécessaires [1].

L'association est toutefois plus faible que pour les facteurs majeurs et ne change pas les recommandations pratiques. Il n'existe pas de traitement différent pour les femmes et pour les hommes pour cette raison. C'est une information utile comme contexte, pas un motif d'inquiétude supplémentaire.

Comment évaluer ton propre risque avec l'équipe médicale ?

En partant de trois questions. As-tu eu un épisode sévère ou sous 54 mg/dL (3,0 mmol/L) au cours des derniers mois ? Te rends-tu toujours compte du début d'une hypoglycémie ? As-tu l'une des maladies ou des situations de la liste des facteurs majeurs ?

Ajoute les rapports du capteur de glycémie des deux dernières semaines, avec le temps passé sous le seuil d'hypoglycémie [10] [16]. La discussion a lieu à chaque consultation, pas seulement quand un problème apparaît [1]. Son résultat n'est pas une étiquette, mais un choix plus judicieux des objectifs et de la technologie qui te convient.

Conclusions

  • Un épisode d'hypoglycémie récent de niveau 2 ou 3 est le facteur de risque le plus puissant, c'est pourquoi chaque hypoglycémie importante s'analyse avec le médecin [1] [3].
  • La maladie rénale chronique et l'âge avancé augmentent le risque, raison pour laquelle les objectifs glycémiques sont assouplis chez les personnes âgées [5] [6].
  • Une grande variabilité glycémique augmente le risque même avec une bonne HbA1c, c'est pourquoi le coefficient de variation doit toujours rester sous 36 % [8] [10].
  • L'évaluation du risque d'hypoglycémie se fait à chaque consultation, à partir des épisodes récents et des rapports du capteur de glycémie [1] [16].

Références

  1. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 6. Glycemic Goals, Hypoglycemia, and Hyperglycemic Crises: Standards of Care in Diabetes-2026. Diabetes Care. 2026;49(Suppl 1):S132-S149. PubMed
  2. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 9. Pharmacologic Approaches to Glycemic Treatment: Standards of Care in Diabetes-2026. Diabetes Care. 2026;49(Suppl 1):S183-S215. PubMed
  3. Seaquist ER, Teff K, Heller SR. Impaired Awareness of Hypoglycemia in Type 1 Diabetes: A Report of An NIDDK Workshop in October 2021. Diabetes Care. 2022;45(12):2799-2805. PubMed
  4. Abraham MB, Karges B, Dovc K, et al. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2022: Assessment and management of hypoglycemia in children and adolescents with diabetes. Pediatr Diabetes. 2022;23(8):1322-1340. PubMed
  5. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 13. Older Adults: Standards of Care in Diabetes-2026. Diabetes Care. 2026;49(Suppl 1):S277-S296. PubMed
  6. Alsahli M, Gerich JE. Hypoglycemia, chronic kidney disease, and diabetes mellitus. Mayo Clin Proc. 2014;89(11):1564-1571. PubMed
  7. Gerich JE. Role of the kidney in normal glucose homeostasis and in the hyperglycaemia of diabetes mellitus: therapeutic implications. Diabet Med. 2010;27(2):136-142. PubMed
  8. Monnier L, Colette C, Wojtusciszyn A, et al. Toward Defining the Threshold Between Low and High Glucose Variability in Diabetes. Diabetes Care. 2017;40(7):832-838. PubMed
  9. Weinstock RS, DuBose SN, Bergenstal RM, et al. Risk Factors Associated With Severe Hypoglycemia in Older Adults With Type 1 Diabetes. Diabetes Care. 2016;39(4):603-610. PubMed
  10. Battelino T, Danne T, Bergenstal RM, et al. Clinical Targets for Continuous Glucose Monitoring Data Interpretation: Recommendations From the International Consensus on Time in Range. Diabetes Care. 2019;42(8):1593-1603. PubMed
  11. Bojoga I, Ioacara S, Malinici E, et al. Enhanced Metabolic Control in a Pediatric Population with Type 1 Diabetes Mellitus Using Hybrid Closed-Loop and Predictive Low-Glucose Suspend Insulin Pump Treatments. Pediatr Rep. 2024;16(4):1188-1199. PubMed
  12. Haynes A, Hermann JM, Clapin H, et al. Decreasing Trends in Mean HbA1c Are Not Associated With Increasing Rates of Severe Hypoglycemia in Children: A Longitudinal Analysis of Two Contemporary Population-Based Pediatric Type 1 Diabetes Registries From Australia and Germany/Austria Between 1995 and 2016. Diabetes Care. 2019;42(9):1630-1636. PubMed
  13. Towler DA, Havlin CE, Craft S, Cryer P. Mechanism of awareness of hypoglycemia. Perception of neurogenic (predominantly cholinergic) rather than neuroglycopenic symptoms. Diabetes. 1993;42(12):1791-1798. PubMed
  14. Tetzschner R, Nørgaard K, Ranjan A. Effects of alcohol on plasma glucose and prevention of alcohol-induced hypoglycemia in type 1 diabetes-A systematic review with GRADE. Diabetes Metab Res Rev. 2018;34(3):e2965. PubMed
  15. Jacobson AM, Ryan CM, Braffett BH, et al. Cognitive performance declines in older adults with type 1 diabetes: results from 32 years of follow-up in the DCCT and EDIC Study. Lancet Diabetes Endocrinol. 2021;9(7):436-445. PubMed
  16. Ionescu-Tîrgoviște C, Guja C, Ioacara S, Dumitrescu D, Tomescu I. Continuous glucose monitoring: physiologic and pathophysiologic significance. Rom J Intern Med. 2004;42(2):381-393. PubMed

Comment citer cette page

Ioacara S. Les facteurs de risque d'hypoglycémie. Diabetes Academia. Mis à jour le 27 septembre 2026. https://diabetesacademia.com/fr/dt1/facteurs-risque-hypoglycemie

Termes du glossaire employés ici